• Fleur Blume

Exposition "L'Avenir du Passé" à l'ICT Toulouse du 16 septembre au 16 octobre 2021

Dernière mise à jour : sept. 13


Affiche Fleur Blume Exposition L'Avenir du Passé Street art contemporain ICT Toulouse
Affiche de l'exposition "l'Avenir du Passé" de Fleur Blume à l'ICT Toulouse

L’exposition « l’avenir du passé » offre un voyage en méditerranée, en Grèce précisément.

Ce choix thématique, n’a rien d’innocent. En réponse au chaos que nous tous vivons par la présence d’un virus qui ne cesse sa diffusion et perturbe l’humanité, Fleur Blume, bien connue de l’art urbain, propose sa réponse artistique sous un autre registre. D’Athènes où elle séjourne, elle absorbe, ingère les formes et sujets de la Grèce classique, comme autant de modèles qui possèdent en eux gigantisme et éternité. Et c’est cette grandeur éternelle, immense par sa durée autant que sa beauté qui sert d’inspiration. Inspiration exigeante qui convoque les plus grands sujets de l’antiquité au rendez-vous avec la modernité. Athéna, Phidias, Socrate et bien autres nous rappellent alors que le sens de la vie se fait entre combat, courage, rigueur, sagesse et jamais sans eux.

Si ces valeurs mises en exergue sous les trait de portraits et figures nous proposent de réfléchir à la société d’hier et d’aujourd’hui devenue royaume du virtuel, elles nous ramènent également à l’essentiel. A cet endroit ou l’esthétique grecque devient une leçon. Fleur Blume s’attaque sans crainte à ces plus grands des modèles non pour les défaire mais pour participer à leur évolution et leur transmission. Tout cela dénote une singulière capacité à embrasser le monde, à se dresser devant lui pour l’apprivoiser et en saisir la forme. De ce point de vue, la toile « Akropolis » est un exemple très signifiant. Sur un fond d’Acropole une femme allongée, auréolée de vestiges, semble nous appeler à la contemplation et au questionnement.

Le style de Fleur Blume réside dans une affirmation du geste. D’un trait vif et puissant elle trace les contours de ses sujets. S’organise alors dans une sorte de combats et d’enchevêtrements, des lignes qui deviennent matière et donne ainsi la vie. Le geste est là. Énergique et décidé. Incisif aussi. Ces successions de griffures totalement maitrisées peuvent parler de la douceur d’Athéna p. 5 ou de sa puissance comme dans le cas de « L’œuvre de Phidias » p. 9. En résulte des tableaux d’une grande densité émotionnelle et d’un goût non dissimulé pour le combat. Fleur Blume se bat donc avec la matière et fait de ce duel l’essence de son art. Le trait est perçant sans concession avec un quelconque arrangement esthétisant.

Proche par certains aspects de la sculpture, son travail se trouve renforcé par les contrastes très bien organisés de noirs et blancs. Masses claires et foncées rivalisent entre elles, chacune permettant de communiquer l’esprit de force et d’absolu. On mesure alors la fascination qu’elles opèrent sur l’artiste comme moyens de transcriptions de ses émotions et de ses convictions.

Par cette exposition, l’artiste nous démontre que l’acte de création peut se loger dans l’interprétation du monde. Un monde atemporel qui se vit dans une contraction ou, passé, présent et futur ne font qu’un et produisent du sens. Un sens d’éternité pour un aujourd’hui en mouvement.


Pascale Cazalès

. Maître de conférence

Directrice du pôle Arte et Patrimoine

Membre de CERES (TR2)

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